Historique - Maitre Egami

 

 

 Le SHOTOKAÏ

Maître SHINGIRU EGAMI (1912-1981)

 

 

 

 Quelques extraits filmés d'un stage au Japon (années 70) dirigé par Maître Shigeru Egami.

Retrouvez les textes de Maître Egami et de Maître Murakami sur www.mushinkai.net   

 

Si le corps est limité, l’esprit, lui, peut aller plus loin. (Shingeru Egami)

Introduction 

 Le Shotokaï est l’une des multiples méthodes (1) de karaté pratiqué en France. Il est peu connue et peu pratiqué  dans notre pays et dans notre département. Les statistiques FFKADA démontre bien le nombre de pratiquant en France pour la saison 2002-2003 (dernières statistiques accessibles): le Shotokaï  1933 adhérents, le Shotokan 123 614 adhérents et le Wado ryu 16 618 adhérents.

  Il est difficile voir impossible, de présenter  en quelques pages une des méthodes d’un art aussi riche que le karaté. Ces quelques pages ne sont qu’une approche  historique et technique de la méthode Shotokaï. J’espère, qu'elles vous permettrons non seulement d’enrichir un peu vos connaissances, mais surtout, qu'elles  participerons à votre cursus de karatéka et pendre en compte qu’il n’y a pas une méthode, mais plusieurs méthodes qui méritent tout autant le respect que la votre.

 Historique

 Maître Funakoshi

 

Le Shotokaî, est la méthode  de Maître Shingeru Egami (1912-1981), l'éritier spirituel de maître Ginchin Funakoshi, qu’il créa en 1938. Les élèves du maître Funakoshi créèrent une association « le Créât Japan Karate-do Shotokaï » destinée à aider matériellement leur professeur et à superviser la construction de son dojo. Les fonds nécessaires pour la construction de se dojo furent rassemblés grâce à cette association. Il fut construit en 1938 et inauguré en 1939 .

L’histoire nous montre que dans un premiers temps le Shotokan et le Shotokaï n’étaient qu’une seule et même organisation. Il y avait q’un style, (1)  celui que pratiquait Maitre Funakoshi, et celui-ci n’avait pas de nom.  Shotokaï n’était que le non de l’association créée par Gishin Funakoshi et Shotokan le non de son dojo . Maître Gishin Funakoshi en fut le premier président.

 Après la seconde guerre mondiale, qui mit également à mal l’école du Shotokan (la maison de Shoto), plusieurs élèves de Maître Funakshi prônères  des entraînements orientés vers la compétition, car cela était une meilleurs vitrine commerciale pour le karaté. Maître Gishin Funakoshi  était contre cette idée de compétition. Le maître refusa cette idée jusqu'à sa mort.

 

 

Shingeru Egami fut premier assistant de maître Ginchin Funakochi, puis, le chef  instructeurs de maître Hironishi. Après la mort de Maître Funakoshi en 1957, Maître Egami prit les fonctions d'instructeur principal au Dojo central, le Hombu Dojo, ainsi que la direction du Shotokaï Nihon Karaté-Do "le Shotokai devint une methode" Il présida l'organisation jusqu'à sa mort en 1981. Il fut relayé ensuite jusqu'en décembre 2000 par Genshin Hironishi. Son successeur, le président actuel, est Jotaro Tagaki, un ancien cadre dirigeant du groupe Mitsubishi.

 De 1958 à 1961, Maître Egami effectua d’importantes recherches pour sa pratique. Il  introduit des positions très basses et surtout une totale décontraction. Il pensait que l’évolution du Shôtôkan prônée par la J.K.A. s’éloignait énormément de l’enseignement  de Maître Funakôshi, par exemple le Oi-Tsuki de Ginchin Funakôshi était exécuté en décontraction et beaucoup de ses élèves ont cru  que c’était à cause de son âge déjà avancé.

 Tout en respectant la pensée de Gichin Funacoshi qui pour lui  le karaté n’était pas un jeu. Maître Shingeru Egami refusa jusqu’à sa mort, en 1981, l’idée même de la compétition. Maître Egami n’a jamais accepté la compétition qu’il considérait en contradiction avec l’esprit du Karaté-Do et qui, d’après lui, a fait évoluer sa pratique vers un travail en force et en crispation.

« Si le corps est limité, l’esprit, lui, peut aller plus loin ».

Cette phrase, à elle seule, résume la pensée de Maître Egami.

Dans la pratique le maître a introduit une amplification de la technique, des positions très basses, où la décontraction et le naturel doivent être totale. Son idée fondamentale, tout comme en Aïkido, était que le kumité conventionnel ou libre, doit être une recherche d’harmonie entre deux partenaires et non une recherche égoïste, du désir de vaincre un adversaire.

« Il n'est pas question de tuer, pas plus que de gagner. L'entraînement du karaté consiste à ne faire qu'un avec le partenaire et à progresser ensemble.  Ainsi, ils adapteront, renouvelleront et amélioreront leurs techniques. Shigeru Egami».

Avec le Shotokaï, Shigeru Egami resta fidèle au style de karaté inspiré de la philosophie Zen et par son maître.

 «  Celui qui veut trouver la voie dans le Karaté, ne doit pas simplement essayer de rester à côte de son adversaire, il doit trouver une unité avec lui.  Shingeru Egami »

 Son objectif était de développer un maximum de forces, d'énergie et de présence, en restant le plus léger et le plus détendu possible. Toute entrave à l'harmonie et à l'unité du mouvement devait être écartée. C'est la souplesse, le relâchement et la détente et non pas la contraction qui génère la force. A partir de ce postulat, il proposa de nouvelles formes et une nouvelle façon de pratiquer.

 Fidèle à Maître Funakoshi, il maintint toujours le groupe Shotokaï en dehors du mouvement de Karaté sportif, prédominant de nos jours. Par contre, son évolution spirituelle, l'amena à mettre l'accent sur la recherche, d'harmonie avec le partenaire.

 Maître Egami écrivit également "Tout d'abord nous devons pratiquer le Karaté, comme une technique de combat. Puis nous arriverons, par expérience, à comprendre un certain état d'âme, à nous ouvrir à des horizons "Jita-ittai" l'union de l'un et de l'autre au-delà du combat. C'est un principe de coexistence qui permet de vivre ensemble en prospérité."

Dans le Ippon-kumité, Maître Egami imposa de ne jamais reculer, insistant énormément sur le sen-no-sen (anticipation de l’attaque adverse).  Ceci est résumé par la notion «d’irimi», littéralement «entrer».

Conclusion

Il existe dans la méthode Shotokaï des tendances de style, comme dans toutes les autres méthodes de karaté. Plus ou moins fluide, plus ou moins  souple, mais toutes restent fidèles au fondement même du shotokaî qui recherche l’harmonie du corps et de l’esprit ainsi que l’efficacité des mouvements dans la fluidité. Le Shintaï-do et la continuité du shotokaï et son évolution naturelle.

J’espères avoir apporté un éclaircissement sur cette méthode de karaté traditionnel. Pour ceux qui souhaite en connaître un peu plus je leurs conseillerais un ouvrage écrit par monsieur Yves Ayache qui présente les techniques shotokaî et bien sur le livre de Maitre Shingeru Egami.

Bonne pratique.

 

 

 

 

 

 

 (1) Il y a bien souvent, des confusions dans les termes employés. C’est le cas avec les expressions, méthode, style, école. C’est pourquoi il me semble important de faire un point sur ces expressions souvent mal utilisé. Voici pour une meilleur compréhension les définitions du dictionnaire

 La méthode est basée sur des règles, des principes, sur lesquels repose l’enseignement, la pratique d’un art. Elle est rattachée à un maître reconnu. Elle rassemble des écoles. Il existe des dizaines de méthode de karaté différentes.

Le style et une manière personnel de pratiquer un sport. Une expression laissée à la liberté de chacun.

L’école est géographiquement locale et l’exécution des techniques peut  varier légèrement. Elle est rattachée à une méthode.

 

 

Michel Rascle

 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/03/2013

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